Démence

Démence
Fin de l'acte


L'herbe chatouille mes narines. Elles frémissent. J'inspire profondément. Ma gorge est sèche et mon souffle rauque. Je sens mes épaules lourdes. Si lourdes... J'aimerais dormir. Être dans un rêve. Ou plutôt un cauchemar. Me réveiller tôt ou tard.

Je ferme les yeux, tentant d'être sourd à toi. À ton rire. De ne pas voir tes yeux déments et ton sourire si monstrueux. Tes traits déformés par la haine. Par la jouissance de la haine. De la douleur. Tu ris parce que je souffre. L'Endoloris... Pas très puissant, mais l'anéantissement me cloue au sol. C'est mon coeur, mes souvenirs qui s'émiettent. Ils ont explosé il y a quelques minutes. Lorsque tu as levé ta baguette sur moi.

Ce n'était pas une blague, ni même un jeu. Tu étais sérieux. Haineux. Je pourrais te battre. Je sais que je pourrais te tuer. Mais je ne peux pas. Je ne veux pas lever la main sur toi. Toi...

Et nous deux, là-dedans ? Nos années... ?

Tu ricanes. Tu rigoles. Mes mains pétillent de magie. Tu ne vois rien, aveuglé par la colère et la moquerie. Je ne peux pas te faire du mal...

- Tu as toujours été si... naïf, si bête, Harry... fais-tu avec hargne.

Et je cherche désespérément en moi la force de te détester. De murmurer les mots qui te feront reculer ou te rendront la souffrance que je ressens en ce moment. Mais je sais que cette déchirure interne, tu ne la ressentiras jamais. Je le vois dans ton regard, je le sens dans la violence sourde de tes gestes brusques. Tu n'es pas la personne que je croyais que tu étais. Tu es un monstre.

Je retiens un sanglot. Oui, j'ai envie de pleurer. Moques-toi si tu le souhaites. Je m'en fiche. Comme tu te fous du cadavre près de nous. Meurtrier.

- Toi soi-disant si puissant, Harry, tu aurais dû voir. Tu aurais dû savoir que je ne me contenterais pas indéfiniment de la place du bouffon de service. Je ne suis pas comme eux. Je ne suis pas comme elle...

Tu pointes négligemment le corps mutilé qui repose éventré près de nous. Tu t'amusais avec elle quand je suis arrivé. Comment as-tu pu... ?

- Croyais-tu sérieusement que j'étais amoureux d'elle, Harry ? Moi et cette Sang-de-Bourde ? Quelle blague... Mon sang est pur, je vaux mille fois mieux ! Et elle n'a que ce qu'elle mérite.

Tu tournes autour de moi. Mais je ne te regarde pas. Je fixe Hermione. Herm'... réveille-toi, dis-moi que c'est une blague. Que rien n'est vrai. Embrasse-le et dis-moi que vous m'avez bien eu. Je t'en supplie...

- Mon maître sera si fier lorsque je te remettrai à lui. Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi il te voulait parmi ses rangs... Le sang qui coule dans tes veines a été corrompu par celui de ta mère, bien sûr. C'est dommage, tout de même... Tant de sacrifices pour rien, n'est-ce pas, Harry ?

Tu ris. Ce sang que tu maudis se glace. Je ne te reconnais plus...

- Lorsque tu ne seras plus de ce monde, Potter, tout ceux qui resteront pourront contempler l'avènement d'une ère nouvelle. Mon maître régnera en souverain absolu sur cette Terre et jamais son règne ne connaître de fin car il ne peut être tué. Et moi, je serai là pour le voir. Je suis l'un de ses favoris, le sais-tu ? Je suis parvenu à infiltrer l'entourage du supposé héros, du grand et magnifique Survivant. Je suis parvenu à gagner sa confiance. Tout était orchestré depuis le tout début.

Un sourire démoniaque.

- Vivre dans l'ombre ? Pas pour moi... Je suis fais pour les feux de la rampe. Pour les honneurs et la violence. Donner la mort, tu as déjà essayé ? Tu as goûté à ce soi-disant fruit défendu ? Cela vaut tous les supplices du monde, petit balafré.

Secoues la tête.

- Mais bien sûr que non... Trop pur, hein ? Imbécile... Tu savais toi-même que tu ne pouvais pas gagner, Harry, tu me l'as dit, me l'as pleuré, alors pourquoi continuer, pourquoi persévérer ? Souffrir ? Comme les moldus et autres vermines ? Nous réservons des sorts bien meilleurs aux sorciers qui se montreront coopératifs. Ce sera... magique !

Ne dis rien de plus, je t'en supplie. Ou est-ce là la mort horrible que tu me réserves ? Car je préfère mourir maintenant, près de toi, que sous le joug horrible de la baguette de Voldemort. Entre deux maux, je te choisis. Le pire. Le plus amer.

Hermione dort. On dirait un ange. J'aimerais aller la retrouver... Je n'ose imaginer sa douleur, sa souffrance en te voyant, ce soir. L'as-tu tuée avant qu'elle n'ait compris ? Ou bien lui as-tu murmuré sa mort, à elle aussi ? Tu devines ce que je pense ?

- Tu aurais dû l'entendre hurler, ricanes-tu. Pleurer hystériquement. Geindre, encore et encore. Prier pour se réveiller. Mais le cauchemar qu'elle a vécu, que tu vis, Harry, tu le sais réel, n'est-ce pas ? Et crois-moi, petit Survivant, tu ne verras jamais se lever le jour qui vient.

Tu me lances encore un sort. Mais je ne sens plus rien. Pourquoi fallait-il que tu gâches tout, Ron ? Pourquoi... ?

Je n'ai pas peur. La peur, je la connais trop bien. Tu as oublié cela. Ou peut-être ne te l'ais-je tout simplement pas dit. Je comprends mieux les non-dits, maintenant. Ces pourquoi, ces hésitations. Ces regards que tu me lançais lorsque tu croyais que je ne regardais pas. Tout est clair, oui. Je sais. J'accepte.

Mais toi, tu ne sais pas. Je ne t'ai jamais dit pour la prophétie. Et ce soir, pour la première fois, je m'en félicite. Mais en même temps, ces mots me condamnent. Tu ne peux pas me tuer, mon vieil... mon ennemi. Comme je peux haïr ce mot alors que la magie circule dans mes veines. Non, Ron, tu ne sais pas. C'est Lui ou moi. Tu ne pèses pas dans la balance. Tu ne me donneras pas la mort, cette mort dure et froide que tu me promets sourdement dans le silence pesant de la nuit. Mais l'aube se lève. C'est dans l'air. La rosée humidifie mon visage.

Je ne peux pas. Je voudrais mais je ne peux pas. Je ne peux te laisser me tuer. C'est le destin. Et ces actes horribles que je commettrai aujourd'hui sont écrits depuis trop longtemps. Je ne dois pas laisser les souvenirs m'aveugler. Je ne dois pas pleurer. Je ne le mérite pas.

Je me redresse pour te voir sourire. Malveillant. Tu n'es plus ce compagnon qui me consolait la nuit lorsque je me réveillais après d'horribles cauchemars. Tu n'es plus ce gentil garçon qui rougissait lorsque nous parlions de Hermione. Tu n'es plus cet ami que j'ai cru un jour voir en toi. Tu n'es pas le Ron que j'aimais, pour lequel j'aurais donné ma vie. Tu n'es plus rien. Du moins, je tente de m'en convaincre.

Vois-tu la haine assombrir mon regard ? Vois-tu ma main sure qui se dresse vers toi, mes lèvres qui s'entrouvrent pour murmurer ce sort que tu me promettais ? Sens-tu le froid parcourir ton corps et le faire lourd ? Tu sens-tu tomber et heurter le sol dans un bruit mat qui résonne à mes oreilles comme un gong damnant ? Es-tu fier, malgré tout ? Je suis mort, Ron. Du moins en partie. Mon coeur se brise. Tu en amènes une part avec toi, en enfer.

Je t'aimais, Ron. Autant que l'on peut aimer un frère. Et plus encore. Je croyais... stupidement... Et une partie de moi espère, ironiquement. Je suis sans doute fou...

Je t'aime tellement qu'ils ne sauront rien. Je ne leur dirai jamais ce que tu étais devenu. Ce que toujours tu fus, peut-être. Je tairai l'atroce vérité. Tu seras mort au combat. C'est un peu le cas. Nul ne demandera pour qui tu combattais. La réponse semble si évidente...

Et pour eux, tu resteras un héros. Je leur dirai... dirai que tu as tenté de sauver Herm' mais que tu n'as rien pu faire. Qu'ils étaient trop forts. Qu'ils t'ont traîtreusement pris par derrière, à plusieurs. Et c'est vrai... En quelque part, ils t'ont trompé, tu sais. Sur la nature de ce combat. Sur la finale. Je te laisse être comédien, Ron, même dans la mort. Une belle mort. Peut-être qu'ils te donneront l'Ordre de Merlin. Je ne sais pas...

Ton regard bleu braqué sur moi. Le marron de celui d'Hermione. Sur moi. Contemplateur. Remplis de sentiments qui me donnent le goût de m'enfuir. De vomir. Mais je vous prends tous les deux par la main. Le trio réuni, une dernière fois. Vos mains sont si froides... Sans un mot, je transplane, utilisant le peu de forces qu'il me reste encore. Je m'effondre près des murailles de Poudlard. Ils nous trouveront, ici. Albus ne tardera pas. Minerva, Severus... Vite... j'étouffe...

Des pas. Tambourinements sur le sol. Des cris, des hurlements. Molly est là... elle pleure. Me secoue. Et moi je la regarde, vois ses grands yeux remplis de larmes et de désespoir. 'Me demandez pas... "Me demandez rien. J'peux pas... J'peux plus...

Et le monde s'assombrit alors que le soleil se lève, à l'horizon. Tu vois, Ron, t'as eu tord... J'la vois... l'aube...

FIN

# Posté le mercredi 07 novembre 2007 02:00

Kissing a Pearl

Petit cado pour Vif d'or, 400ème revieweuse de PUQE. Écrite entre deux lectures donc super court. Mais j'aime bien quand même. ^^


Titre : Kissing a Pearl

Genre : Vous me connaissez ? C'est court, c'est un OS. C'est un peu de romance. C'est surtout de l'amour.

Rating : K

Disclamers : Elle est à moi, pas pas les autres.

NDA : Je ne sais pas si elle lira, mais cette histoire est pour Vif d'or, pour avoir été la 400ème à écrire une review pour Pour un quelconque espoir. Merci... merci énormément.

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Kissing a Pearl


Il aimait d'elle ses grands yeux bordés de cils. Son regard était perçant mais caressant avec cette étincelle de joie de vivre pratiquement omniprésente.

Il aimait sa bouche, délicatement ourlée, et ses lèvres rouges qu'elle mordillait nerveusement lorsqu'elle croyait avoir fait une bêtise et craignait qu'on ne le lui reproche.

Il aimait ses mains douces qu'elle posait sur ses joues, quand elle frottait le bout de son nez contre le sien en souriant et que ses doigts jouaient avec ses mèches blondes, les tirant un peu pour le taquiner.

Elle avait cette façon de le faire aller mieux lorsqu'il était triste, de lui faire une grimace ridicule qui le faisait sourire.

Son rire... Rien ne valait son rire, nulle musique n'était plus belle, surtout lorsqu'il en avait composé l'air.

Il aimait la façon dont sa tête semblait faite pour se poser au creu de son épaule.

Elle sentait bon, elle sentait doux et son odeur flottait longtemps dans l'air après qu'elle ne soit partie.

Il aimait qu'elle pleure, mais juste un peu, pour mieux pouvoir la réconforter en la serrant très fort contre lui.

Elle avait le don de lui faire dire 'je t'aime' pour un rien, pour un jour de plus passé avec elle.

Elle était parfaite. Sa perle.

Sa Malika.

- Elle dort ? Murmura une voix derrière lui, tout contre son oreille.

Draco frissonna et soupira de bonheur en sentant les mains de Harry caresser son ventre alors qu'il le prenait tout contre lui.

Un baiser contre sa nuque. Un soupçon de désir dans sa voix, dans la façon donc son pouce jouait avec son nombril.

Il hocha la tête, se souvenant de la question posée plus tôt.

- Alors viens dormir, amour, chuchota encore Harry en mordillant son oreille, cette fois-ci.

- Je vais prendre une douche, d'accord ?

- Je te rejoins dans une minute, fit le brun avant de l'embrasser tendrement sur les lèvres.

Harry pénétra dans la pièce et ramena avec un sourire la couverture qui avait un peu glissé sur le corps de la petite fille de deux ans, fruit de leur amour, qui dormait dans la couchette.

- Bonne nuit, trésor, souffla-t-il avant d'aller rejoindre son époux.

FIN


Kissing a Pearl

# Posté le mardi 06 novembre 2007 21:17

Petites nouvelles de PUQE

Petites nouvelles de PUQE
Hello!

Pas de fic que vous ne lirez pas de toute façon aujourd'hui mais quelques informations au sujet de PUQU au cas où ça intéresserait quelques personnes venues se perdre ici. Donc, j'ai écrit deux pages ce soir, donc je suis assez contente parce que je croyais pas qu'en étant aussi fatiguée je parviendrais à écrire quoi que ce soit.

Fin de semaine agréable, mais épuisante avec le recul. Ai revu tous mes amis du cégep (collège pour les amis français je crois) alors que j'avais ma remise de diplôme. Cette partie n'était néanmoins pas la plus intéressante, quoique ce fut assez zoli avec la belle salle et les musiciens, émouvant même par moments, mais c'est surtout le fait de revoir tous les copains qui m'a comblée. Fin de semaine loin de l'université et de mon 'nouveau monde' qui ne peut que me faire du bien. Mais bon, y'a les travaux à faire que j'ai pas réellement avancés en fin de semaine, du coup, alors je ne crois pas écrire Énormément. Mais je vais tenter de faire de mon mieux, quitte à penser aux diverses tortures auxquelles je pourrais soumettre mes persos durant mes cours.

Vous croyez que Louis-Ferdinand Céline pourrait m'aider ? Ou bien les japonais durant la WW2 ? Je crois que pour le sadisme, j'ai pas besoin de chercher bien loin !

Bisou bisou à tous, je vais pour ma part rejoindre Morphée.

Ge
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# Posté le mardi 06 novembre 2007 02:32

Broke the illusion

Reflet

Les gens disent de mon père que c'était un homme extraordinaire et aimant, tellement amoureux de ma mère qu'on ne pouvait qu'être ému à les voir ensemble. Qu'ils formaient l'un des plus beau couple de leur temps. Que leur amour réciproque était si fort qu'il transparaissait toujours, qu'il était presque visible à l'½il nu.

Les gens disent de mon père qu'il était un homme bon et juste. Que l'une des valeurs les plus importantes à ses yeux était l'amitié. Qu'on pouvait toujours compter sur lui, quoi qu'il arrive. Qu'il se serait sacrifié pour ceux qu'il aimait. Ce qu'il a fait, finalement, une fois de trop.

Les gens disent de mon père que je suis sa copie conforme si l'on passe outre mes yeux. C'est peut-être pour cela que je déteste tant les miroirs.

Et pourtant je suis là, devant cette glace froide, à regarder chaque trait de mon visage, tentant d'y découvrir quelqu'un d'autre. Quelqu'un que je ne suis pas. Lui.

Les gens disent bien des choses à propos de James Potter. Heureusement, dirais-je, parce que sinon, qu'en saurais-je ?

Je n'aime pas mon reflet. Parce que j'ai trop souvent l'impression que je n'en suis qu'un, finalement.

Lorsque Sirius me regardait, il y avait toujours cette lueur de tristesse dans ses yeux. Cette étincelle de peine qui semblait prononcer tout bas le nom de son meilleur ami.

Et chaque fois, j'avais envie de lui demander si c'était moi qu'il aimait, ou seulement ce que je lui rappelais. Je me demandais s'il lui arrivait de me détester pour cela. Parce que moi, je le faisais régulièrement.

Mais je ne posais jamais la question fatidique parce que la réponse me faisait peur. Parce que je craignais un 'Oui' soufflé avec détresse et regret, ou bien un 'Non' menteur et hypocrite. Je ne pense pas qu'il y eut d'autre réponse plus plausible.

Je ne voulais rien demander parce que je craignais de trop souffrir, de trop regretter amèrement. Je me sentais coupable de douter de son affection naturelle, parfois.

Lorsqu'il me parlait de mon père, il ne me lâchait jamais du regard. Mais je voyais bien qu'il évitait mes yeux. Mes yeux. La seule chose que je ne tienne pas de 'Lui', n'est-ce pas ? Bien sûr... Même Remus le fait. Disons qu'il a repris le flambeau délaissé il y a quelques mois.

Je hais Snape. Pas parce qu'il est dur avec moi. De ça, encore, je pourrais m'accommoder. Non, je le déteste simplement parce que lui aussi, il ne me voit pas. Il voit juste James Potter, l'adolescent démoniaque qui était si cruel et si injuste avec lui. Et il est tellement fier, Snape, de pouvoir enfin se venger. J'aurais ressemblé trait pour trait à Lily qu'il ne m'aurait jamais autant pris en grippe, j'en suis sûr. C'est l'image. Cette maudite image. Encore et toujours. Me collant à la peau. Et avec elle vient l'attitude.

''Ton père n'aurait jamais... ''

'' Lorsqu'il était jeune, ton père, contrairement à toi... ''

'' Il n'aurait pas voulu que... ''

'' Tout comme lui, tu... ''


Sornettes, balivernes. Toutes ces phrases qui ne me font que l'abhorrer davantage, jour après jour. Je sais que je suis loin d'être parfait. Merlin sait qu'il ne l'était certainement pas, lui non plus. Mais les gens pensent que je devrais avoir la même attitude, le même espoir, la même fougue...

Parfois, j'en ai marre. J'ai envie de disparaître sous ma cape d'invisibilité. Et puis, je me rappelle qu'elle me vient de lui et je l'exècre également. Saleté.

Depuis que Sirius... depuis que Sirius n'est plus là, on dirait que c'est pire. Les gens s'attendent à ce que je les sauve, à ce que je sois aussi courageux que lui. Et je les emmerde royalement.

Remus vient toutes les semaines à Poudlard. Soi-disant pour me voir. Nous marchons autour au lac ou nous installons simplement dans un fauteuil de la Salle sur Demande. On ne parle pas beaucoup. En fait, il aimerait que je fasse la conversation. Peut-être pense-t-il que je ne sais pas ce qu'il fait.

Peut-être croit-il que je ne m'aperçois pas de ses silences trop longs durant lesquels il me fixe sans bruit. Est-ce que j'ai l'air bête à ce point, réellement ?

Non... j'ai juste l'air de son vieil ami.

Oh, je sais. Remus m'aime beaucoup. C'est ce que Ron et Hermione disent. Ils disent aussi que je devrais en parler avec 'le professeur Lupin.'

'' Je suis sûre qu'il comprendrait, Harry. Tu verrais bien que tu as tord.''

Mais il nierait, Herm'. En bloc. Parce qu'il ne désire pas vraiment se l'avouer. J'adore Remus. Réellement. Mais il vit dans le passé depuis trop longtemps. Parfois, j'ai juste peur qu'il ne se trompe et ne m'appelle James par mégarde.

Je crois que j'en pleurerais.

Il s'excuserait. Je sourirais. Je ne crierais pas. Ne hurlerais pas.

Je ne lui dirais même pas à quel point ça me fait mal.

Parce que j'ai besoin de lui. D'eux tous.

À un tel point que j'accepte.

Accepte de n'être qu'une image.

Un substitut.

Vulgaire reflet.

J'ai pris sa vie.

Il est juste que son souvenir me pourrisse la mienne, non ?

FIN

Broke the illusion
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# Posté le mercredi 31 octobre 2007 22:45

Pain

Pain
Peut-être parce que c'est terminé... mais en relisant cette histoire, je me suis surprise à l'aimer plus que jamais avant. Bisou. Et oui, en effet, c'est Sirius.


And She Says

Elle dit que tout ça l'indiffère.

Que je sois un monstre.

Ou bien que mes yeux ne brillent plus.

Elle dit vouloir rester avec moi.

Malgré la guerre.

Malgré ma condition.

Malgré tout.

Elle me dit m'aimer.

Me murmure ou me crie des discours qu'elle invente et que, peut-être, au fond, ressent-elle véritablement.

Des mots qui m'atteignent, d'une manière ou d'une autre. Ou qui le devraient, dans d'autres circonstances.

Des paroles qui, même si elles sont remplies de bonnes intentions, me font mal.

Me heurtent. Me blessent.

Elle me demande pourquoi je suis en colère ou refuse de la regarder lorsque ses prunelles arborent telle couleur ou encore qu'elle transforme ses cheveux en une longue chevelure noire.

Elle crie que je l'évite.

Je hurle en pensée, priant pour qu'elle parte enfin.

Et me laisse glisse le long d'une porte close, l'entendant me supplier de derrière.

Elle me demande ce qu'elle fait de mal à vouloir tant m'aimer.

Sans savoir.

Sans savoir...

Je lui embrasse le front.

Et elle se révolte en me répétant que ça ne suffit pas.

Elle demande tant et trop.

Voudrait que mes lèvres bougent, que je cesse de me murer dans un silence lourd.

Elle veut tant et je ne peux que lui offrir peu.

Elle suppose sans arrêt. Fait preuve d'imagination pour prétexter sa présence.

Ou encore sa main sur la mienne.

Elle verse quelques larmes sur mes absences.

Que je sois là ou non.

Elle dit que je suis sans cesse ailleurs.

Que je la fuie.

Oui.

Oui...

Elle panse mes blessures et nettoie mes plaies.

Avec douceur. Sereinement.

Et je boue intérieurement.

Je voudrais que personne ne me touche.

Personne depuis lors.

Elle s'installe et puise.

Puise en moi.

Et je ne veux pas.

Je suis vide.

Et elle ne le remarque pas.

Elle tente de me réconforter, parfois.

Quand les larmes se frayent un passage.

Quand mon coeur se serre.

Que je souhaiterais disparaître.

Elle me soupire des encouragements.

M'effleure de ses caresses.

Embrasse mes joues où dévalent quelques cours d'eau.

Et je me sens trahir.

Contre moi.

Contre toi.

Je me disais qu'elle apprendrait, qu'elle comprendrait. Qu'à force de recul, elle en prendrait également.

J'avais tord.

J'avais raison.

Partir pour mieux revenir.

Elle est entrée dans ma chambre.

Tu es entré dans ma chambre.

Mon souffle s'accélérant.

J'avais si mal. Les fantômes meurtrissent d'autant plus lorsqu'ils sont réels.

J'ai porté ma main à son visage. À ton visage. Ta peau un peu rêche.

Effleurée par hasard, quelques soirs.

Ses yeux. Les tiens. Dans mes miens. Bordés de larmes, à l'instar des miens.

Je tremblais.

« Remus... »

Et ta voix... Merlin, ta voix...

Comme un coup de fouet.

Je me suis reculé. Et je l'ai gifflée.

Elle n'avait pas le droit.

Elle a reprit sa forme la plus conventionnelle. Ne restait de vestige de toi que ses larmes. Peut-être aussi son regard perdu et vide.

« Alors c'est comme ça ? C'est pour ça ? » a-t-elle balbutié.

« Oui... » je crois avoir répondu.

J'ai pris sa main et l'ai portée à mes lèvres. J'y ai déposé un baiser alors qu'elle camoufflait un sanglot derrière un petit rire.

« J'ai été idiote... »

« Non... »

« Si. Je voulais tellement que tu me vois, Remus. Je voulais tellement me faire aimer par toi... Tellement et si fortement que j'en ai oublié pourquoi. »

Silence... Elle balbutie.

« Ça avait l'air si bon d'être autant aimé par toi, Remus. Je voyais bien... Ces regards pour lui. Ces caresses subtiles et aimables. Ou encore lorsqu'il faisait un cauchemar et que tu étais là pour lui. Je voulais ces sourires uniques que tu lui destinais. Je te les aurais rendus, Remus. Moi, je l'aurais fait. »

J'ai... J'ai mal.

« Je le détestais tant, Remus. Il te faisait tant souffrir en ignorant tout. En t'ignorant toi. Il ne voyait rien, et moi je remarquais tout. Maintenant il est parti, et je suis là. »

« Tu ne peux pas prendre sa place. »

« Je sais. »

Son sourire humide.

« J'aurais pu te rendre heureux, Remus. Ou du moins, j'aurais tout fait pour. »

La douceur de sa main dans la mienne.

« Je suis heureux, Nymphadora. »

Une grimace et sa main quitte la mienne.

Elle embrasse mon front. Je ferme les yeux.

« Bien sûr que tu l'es, Remus. »

Et je pleure sur son épaule.

FIN
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# Posté le mercredi 31 octobre 2007 22:14

Modifié le mercredi 31 octobre 2007 22:32